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Autres savants de la fin du XVIIIe siècle

Parmi les grands savants de la fin du XVIIIe siècle membre de la SPHN, trois autres noms au moins méritent d'être sauvés de l'oubli: Sénebier, Huber et P. Prevost.

Jean Sénebier (1742-1809) est un élève de Ch. Bonnet. Il a exercé pendant vingt ans les fonctions de bibliothécaire de la République, après avoir assumé celles de pasteur. Son premier travail d'envergure a été un Art d'observer, traité sur la méthode scientifique qui sera plusieurs fois retravaillé jusqu'en 1802. La traduction en français de l'oeuvre magistrale du biologiste et expérimentateur italien Lazzaro Spallanzani lui a fourni la matière première de ses réflexions théoriques et pratiques. Mais Sénebier fut aussi un chercheur original, dont l'oeuvre principale porte sur l'action de la lumière solaire sur les plantes. Ces travaux ont abouti à la découverte de la photosynthèse (1782). Le buste de Sénebier se dresse devant la Console, et son nom a été donné à une rue proche de l'Université.

François Huber (1750-1831), autre élève de Ch. Bonnet, et collaborateur occasionnel de Sénebier, avait une caractéristique exceptionnelle pour un naturaliste observateur: celle d'être aveugle depuis l'âge de 23 ans! Il a néanmoins poursuivi ses observations sur les insectes sociaux, et particulièrement sur les abeilles, grâce au concours de son serviteur François Burnens, et à celui de sa femme. Ses Nouvelles observations sur les abeilles, parues en 1792 et rééditées en 1814, ont révélé au public et aux spécialistes incrédules les moeurs, le mode de fécondation et les travaux des abeilles. Le surnom de <<Huber des abeilles>> est devenu légendaire. Son fils Pierre (1777-1840) a été baptisé <<Huber des fourmis>> après la publication de ses Recherches sur les moeurs des fourmis indigènes (1810). Il existe un passage François Huber près de l'église russe, et une plaque commémorative sur sa maison de Prégny.

Pierre Prevost (1751-1839) n'est pas vraiment sauvé de l'oubli par le chemin de Champ-Prevost à Vernier qui rappelle que sa famille y était propriétaire. C'était pourtant un physicien théorique assez réputé, bien que ses théories mécanistes aient été largement combattues. Certains de ses principes ont cependant survécu, comme celui de l'équilibre dynamique des échanges de température, exposé pour la première fois en 1791 et développé plus longuement en 1809 (dans un ouvrage intitulé Du calorique rayonnant). Ce principe a notamment été utilisé par Joseph Fourier dans sa fameuse Théorie analytique de la chaleur (1822). Il sera encore évoqué par Balfour Stewart comme fondement de sa loi du rayonnement thermique (1868), et par Lord Kelvin, qui s'en servira pour sa théorie cinétique de gaz.

Parmi les <<anciens>>, on peut aussi ranger Frédéric-Guillaume Maurice (1750-1826), cofondateur de la Bibliothèque britannique, bien que sa rue évoque sans doute davantage le maire de Genève (1800-1814) que le météorologue. Il y a également un chemin Boissier à Cologny en l'honneur d'une ancienne famille à laquelle appartenait Henri Boissier (1762-1845). Chimiste et homme de lettres, recteur de l'Académie de 1800 à 1818, il fut en 1811 le véritable fondateur de ce qui est aujourd'hui le Muséum d'histoire naturelle. Enfin, la rue Maunoir rappelle le souvenir d'une grande famille de chirurgiens, dont l'ancêtre Jean-Pierre Maunoir (1768-1861), ophtalmologue de réputation européenne, a été un membre actif de la SPHN.



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Jean-Bernard ROUX
Collège de Saussure
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