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La montgolfière

Lorsque les frères Montgolfier font voler les premiers ballons à air chaud, Horace-Bénédict de Saussure se passionne pour cette invention, finançant certains travaux de ses deniers. C'est lui qui explique que l'effet ascensionnel est dû à la plus faible densité de l'air chaud et non aux propriétés des gaz produits par la combustion. En janvier 1784, Horace-Bénédict de Saussure se rend à Lyon où Montgolfier a construit un nouveau ballon. Il y effectue des expériences qui l'amèneront à pénétrer à l'intérieur du ballon pendant qu'on le gonfle...

Extraits d'une lettre de Horace-Bénédict de Saussure à M. Faujas, dans laquelle il relate les impressions ressenties à l'intérieur du ballon.

M. Faujas de Saint-Fond, Description des expériences de la machines aérostatique de MM. de Montgolfier, Tome second, Paris, 1784.

N.B. 160 degrés Réaumur font 200 degré Celsius.

Après avoir vu du dehors cette énorme Machine, se gonfler par l'action du feu, je fus curieux de voir cette même opération dans l'intérieur du Ballon; (...)

Si je souffris un peu de la chaleur dans cette opération, j'en fus bien dédommagé par le spectacle de la création, presque instantanée, de cette immense coupole qui, vue de l'intérieur, éclairée par la flamme vive et brillante du feu qui la développe, présente le spectacle le plus singulier et le plus imposant. Mais je désirois bien plus vivement encore de connoître la chaleur qui régnoit au haut du Ballon. Si, comme je le crois, la chaleur est la cause de l'ascension des Ballons cette chaleur doit être considérable dans toute la capacité intérieure; mais M. Pilatre, qui s'imagine que c'est un gaz particulier plus léger que l'air qui se dégage, ou se crée pendant la combustion, ne pensoit point qu'elle fût aussi grande; j'avançai en sa présence que la chaleur de l'air, au haut de ce Ballon, passeroit au moins 60 degrés. Il soutint le contraire; nous pariâmes, et le père le Fèvre eut l'idée ingénieuse de couper des thermomètres à différents degrés, imaginant que, si la chaleur alloit au-delà du degré où ils auroient été coupés, il se perdroit une partie du mercure, et qu'ensuite, après leur refroidissement, on connoîtroit, par le déficient du mercure, le degré de la chaleur qu'ils auroient éprouvée. L'expérience réussit très bien, les thermomètres furent hissés au sommet de la Machine, on les examina ensuite après son affaissement, ils avoient tous perdu du mercure, et le père le Fève jugea que la chaleur étoit allée au-delà de 160 degrés.

EXPERIENCE Faite à Lyon, le 19 janvier 1784, sous la direction de M. de Montgolfier l'aîné, avec une Aéroflate de cent deux pieds de diamètre, sur cent vingt-six de hauteur.

Troisième voyage aérien.

Projet de l'Expérience.

L'on n'avoit pas encore essayé d'enlever des êtres animés avec des Machines aéroflatiques, l'expérience de Versailles d 19 septembre 1783 n'étoit pas encore faite, lorsque M. de Montgolfier l'aîné, qui se trouvoit à Lyon, fut prié de se mettre à la tête d'une souscription, dont les fonds, qui ne devoient pas excéder quatre mille quatre cents livres, seroient destinés à construire une Machine propre à enlever un grand poids, et à laquelle l'on suspendroit un cheval ou tout autre animal. Comme il n'étoit point question de faire porter des hommes à cette Aéroflate, l'on s'occupa beaucoup plus des moyens économiques. (...)

HBS096

Horace-Bénédict de Saussure emporte des outils d'expérimentation dans ses ascensions.



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Jean-Bernard ROUX
Collège de Saussure
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