Aller au contenu.Aller à la navigation


Suivant: Reconstitution d'un capteur solaire Plus haut: L'ancêtre du capteur solaire Précédent: L'ancêtre du capteur solaire

L'héliothermomètre

L'appareil, que Horace-Bénédict de Saussure baptise <<héliothermomètre>>, ne nous est pas parvenu, mais sa description est si précise qu'il est facile d'en reconstituer le schéma. En le comparant à celui d'un panneau solaire moderne, on constate qu'aucun des éléments constitutifs n'y manque. - le vitrage multiple, - le fond noir absorbant, - l'isolant thermique.

Description de l'héliothermomètre.

(...) Je fis donc faire une caisse en sapin d'un pied de longueur sur 9 pouces de largeur et de profondeur hors d'oeuvre; cette caisse de demi-pouce d'épaisseur étoit doublée intérieurement d'un liège noir épais d'un pouce. J'avois choisi cette écorce comme une matière légère et en même temps très coërcente ou très peu perméable à la chaleur. Trois glaces entrant à coulisse dans l'épaisseur du liège placées à un pouce et demi de distance l'une de l'autre fermoient cette boîte qu'après avoir traversé ces trois glaces.

Pour que le Soleil frappât toujours perpendiculairement ces glaces, qu'il fît par cela même la plus grande impression sur elles, et souffrît le moins de réflexion possible, j'avois soin dans mes expériences de faire suivre à ma caisse le mouvement du Soleil, en la retournant régulièrement toutes les 20 minutes, en sorte que le Soleil éclairât exactement la totalité du fond de la caisse. La plus grande chaleur que j'aie obtenu par ce moyen a été de 87,7, c'est-à-dire de près de 8 degrés au-dessus de la chaleur de l'eau bouillante. (...)

Deux cents ans avant la crise de l'énergie, Horace-Bénédict de Saussure se soucie des applications de l'énergie solaire.

Quant aux applications, je m'en suis aussi occupé. Comme je ne me flattois pas de fondre métaux; je ne pensai qu'à faire servir cette invention à des usages qui ne demandent qu'une chaleur peu supérieure à celle de l'eau bouillante. Je voulois aussi éviter l'assujettissement et la perte du temps qu'entraîne la nécessité de présenter toujours la caisse au Soleil à mesure que sa position change. Dans cette intention, j'ai essayé d'employer des calottes de verres hémisphériques qui s'emboîtent les unes dans les autres, la plus grande avoit 12 pouces 6 lignes de diamètre, la suivante 10 pouces 3 lignes; et la troisième 8 pouces 3 lignes. Je les ai posées sur une table d'ardoise recouverte de sable bien sec à la hauteur d'un pouce; le thermomètre n'est monté là qu'à 70 degrés, comme dans mes premières caisses carrées, ce qui me fait voir qu'on ne pourroit pas même se flatter de faire cuire sa soupe dans cet appareil.

Tableau de l'observation de l'héliothermomètre du 30 juillet 1780.

Horace-Bénédict de Saussure relève toutes les vingt minutes la température sur chacune des quatre verres de l'instrument. La plus haute température observée sur le 4e verre est de 87,7 degrés R; c'est celle qu'il mentionne dans sa lettre du Journal de Paris (voir ci-dessus)

N.B. Horace-Bénédict de Saussure utilise l'échelle de température de Réaumur. 1 degré Réaumur vaut 1,25 degré Celsius. 87,7 degrés R représentent donc 109,6 degrés C.

BPU, Horace-Bénédict de Saussure 14

HBS074

Les principes du paratonnerre.



Suivant: Reconstitution d'un capteur solaire Plus haut: L'ancêtre du capteur solaire Précédent: L'ancêtre du capteur solaire

Jean-Bernard ROUX
Collège de Saussure
Messages à: Jean-Bernard Roux