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Quelques repères historiques

1738. Violents troubles à Genève. Le gouvernement oligarchique demande l'intervention des Puissances étrangères (la France, Berne et Zürich) pour rétablir l'ordre. Par l'Acte de médiation, qui vaudra à Genève vingt-cinq années de tranquillité,

  • les droits souverains du Conseil Général sont reconnus;
  • le droit de représentation (droit de pétition) est reconnu aux citoyens et aux bourgeois;
  • les Natifs obtiennent le libre accès aux maîtrises des métiers.

1749. Traité de Paris avec la France, fixant les frontières communes.

1754, juin. Traité de Turin avec la Sardaigne, fixant les frontières communes entre Genève et la Savoie.

1762. Le gouvernement genevois fait saisir et lacérer le Contrat social et l'Emile de Jean-Jacques Rousseau, ouvrages considérés comme <<téméraires, imprudents, scandaleux, destructifs de la religion chrétienne et de tous les gouvernements>>.

Cette condamnation entraîne Rousseau à renoncer à sa citoyenneté genevoise, et provoque dans les milieux populaires une agitation qui va aller croissant.

1768. Un nouvel Edit donne quelques satisfactions au Conseil Général --qui se voit octroyer le droit d'élire la moitié des membres du CC (Conseil des Deux Cents)-- et aux Natifs, qui peuvent désormais accéder aux professions de médecins, chirurgiens et apothicaires.

1770-71. Période de cherté céréalière. Les Natifs prennent les armes mais sont vite vaincus.

1782. Troubles et soulèvements, suffisamment importants pour engager le gouvernement genevois à requérir à nouveau l'aide des Puissances étrangères. Cette fois, à Berne et à Zürich s'adjoindra la Sardaigne.

Un Edit --que le peuple va nommer Edit bienfaisant-- établit l'égalité économique pour les Natifs, les Habitants et les sujets de la République.

Mais le gouvernement tarde à appliquer les dispositions de cet édit. Les Représentants s'enflamment et tentent de s'emparer du pouvoir. Une dure réaction, soutenue par les troupes étrangères, permet au gouvernement d'imposer le Code noir, un édit qui réduit toute opposition au silence et rapporte les droits autrefois accordés.

1789. La cherté du pain suscite une vive agitation. Le gouvernement renonce à l'application du Code noir et se rapproche des Représentants, pour tenter de les écarter des Natifs et des Habitants.

1790. Au Conseil des Deux Cents, Horace-Bénédict de Saussure propose l'établissement d'une constitution <<agréable à la majorité>>.

1791. Vives échauffourées. Les Natifs se rendent momentanément maîtres de la Cité. Un nouveau code, le Code du Roveray, adopté à une maigre majorité (960 voix contre 761) reconnaît l'égalité civile des Natifs, aux Habitants et aux sujets. Mais les Natifs demeurent toujours privés des droits politiques.

1792, septembre. Les troupes de la France révolutionnaire envahissent la Savoie et encerclent Genève.

1792, décembre. C'est la révolution à Genève:

  • tous les jugements politiques prononcés au cours du siècle sont rapportés;
  • citoyens, bourgeois et habitants ont désormais les mêmes droits;
  • deux Comités révolutionnaires remplacent le Petit Conseil: c'est la fin du régime oligarchique.

1794. Adoption d'une nouvelle constitution fondée sur la séparation des pouvoirs et la démocratie directe, mais la citoyenneté genevoise est réservée aux seules personnes de la religion réformée.

Les esprits, cependant, ne se calment pas. La situation de Genève reste difficile: la ville subit un véritable blocus, et doit même mettre en culture les terrains publics pour assurer sa subsistance. La haine sociale entre riches et pauvres s'accroît.

Durant l'été, la Terreur s'abat sur la Cité.

1798. Genève est annexée à la République française.



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Jean-Bernard ROUX
Collège de Saussure
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