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L'origine des de Saussure

Les Saulxures de Lorraine... et d'ailleurs.

Mongin Schouel (1469-1543) était originaire de Saulxures, un petit village que nous plaçons, aujourd'hui dans le département des Vosges, en Lorraine. Gonfanon de Lorraine, il était fort en faveur à la Cour de René, Duc de Lorraine et Bar, qui l'anoblit, le fit Gouverneur de Bouconville et Seigneur de Saulxures, et le dota de belles armoiries. Bandé contrebandé d'or et de sable. tout semblait donc aller pour le mieux pour lui et sa descendance.

Pourtant, renonçant au bel avenir que lui promettait la situation de son père, Antoine de Saulxures (1514-1569) correspondant de Farel, de Viret, de Calvin, convaincu par les Réformateurs, prit résolument parti pour les nouvelles idées.

Il arriva ce qui devait arriver. ses biens confisqués. Antoine fut jeté en prison (1551). Ayant réussi, quelques mois plus tard, à s'évader, il s'enfuit avec sa famille et se réfugia à Strasbourg d'abord, à Neuchâtel et à Genève ensuite, enfin à Lausanne; en 1556, il y fut reçu Bourgeois gratuitement pour <<services rendus à l'un des Conseillers>>.

Antoine de Saussure, qui avait simplifié l'orthographe de son nom, fut la souche d'où provinrent tous les Saussure vaudois, genevois et américains.

Les Saussure ont donné au Pays de Vaud un grand nombre de magistrats et d'officiers. Citons, entre autres Jean-Louis (1670-1744), dont la belle conduite à la bataille de Wilmergen, à la tête d'un régiment bernois fut récompensée par la création en sa faveur de la baronnie de Bercher.

Louis César (1677?-1744), pasteur, eut le triste devoir d'assister le Major Davel à ses derniers moments sur l'échafaud.

De la branche vaudoise s'est détachée la branche américaine. Henri a émigré vers Charlestown en 1730; certains de ses descendants se sont distingués dans la guerre d'Indépendance contre l'Angleterre.

Venons-en enfin à la branche genevoise. la souche en est Elie de Saussure, reçu Bourgeois de Genève en 1635, arrière petit-fils d'Antoine, le premier Saussure suisse.

Les Saussure ont, on le sait, donné à Genève une belle pléiade de savants. Remarquons, en passant, que les savants genevois se groupent fréquemment en dynasties. chez les Candolle, on était botaniste de père en fils, chez les De La Rive, physicien, etc. Chez les Saussure, l'éventail est plus large. l'agronomie à la linguistique ils ont, les uns ou les autres, abordé à peu près tous les domaines des sciences.

Nicolas (1709-1791), agronome distingué, a perfectionné la culture de la vigne, s'est livré, en compagnie de son ami, le baron Crud, à de nombreux essais de culture, d'abord chez Crud, à Gentoux (nous restons fidèles à l'ancienne et seule correcte orthographe), puis en Italie. Il y a peu d'années, existait encore près de Bologne un lieu-dit Gentoux, ancien domaine de Crud; nous ne savons si ce nom s'est perpétué jusqu'aujourd'hui.

Horace-Bénédict, fils de Nicolas (1740-1799) a été l'un des derniers de ces savants du XVIIIe siècle que l'on pourrait appeler <<savants universels>>. Il s'est occupé de toutes les branches du savoir et jusqu'à l'organisation de l'enseignement secondaire. Il peut être considéré comme l'un des fondateurs, sinon le fondateur de la géologie moderne. Nous n'insisterons pas puisque la presque totalité de cette <<brochure>> lui est consacrée.

Nicolas Théodore (1767-1845), son fils, a été professeur à l'Académie mais, d'une timidité excessive, n'a jamais pu se résoudre à donner un cours public. Chimiste et botaniste, il a perfectionné les méthodes de la chimie analytique, ce qui lui a permis de mettre définitivement au point la question des échanges gazeux des plantes, déjà effleurée par Senebier. assimilation chlorophyllienne, soit absorption d'anhydride carbonique et mise en liberté d'oxygène de jour; respiration, soit absorption d'oxygène et mise en liberté anhydride carbonique de nuit. A noter que ses <<Recherches chimiques sur la végétation>> parues en 1804 ont été jugées d'une importance suffisante pour qu'elles fussent rééditées il y a une dizaine d'années.

Henri (1829-1905), petit-fils d'Horace-Bénédict, est considéré comme un des meilleurs spécialistes de son époque en entomologie. Il avait entrepris une voyage d'exploration aux Antilles et au Mexique, en compagnie de son ami Peyrot, dont il a rapporté d'importantes collection qui sont venues enrichir celles du Musée d'histoire naturelle. Parmi ses fils, plusieurs se sont fait un nom dans diverses sciences. Ce sont.

Ferdinand-Mongin (1857-1913) peut, à juste titre, être considéré comme l'un des pères fondateurs de la linguistique. Ce n'est pas ici le lieu d'analyser son oeuvre, nous nous bornerons donc à renvoyer le lecteur intéressé à l'ouvrage magistral de son remarquable élève Charles Bally.

HBS052

Généalogie abrégée de la famille Saussure

HBS053

Madame de Saussure

HBS058

Portrait d'Horace-Bénédict de Saussure

HBS027

Portrait d'Horace-Bénédict de Saussure

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Jean-Bernard ROUX
Collège de Saussure
Messages à: Jean-Bernard Roux