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Un citoyen écrit à Horace-Bénédict de Saussure

Jérémie Witel écrit le 7 novembre 1791 à Horace-Bénédict de Saussure:

Monsieur,

Je m'adresse à vous. je ne sais si vous vous rappellerez de moi?
des malheurs successifs m'ont forcés de laisser mon établissement d'imprimerie.
je suis ici depuis environ 9 mois. je me suis voué à l'instruction. j'y ai
quelques succès. je n'ai point d'existence civile dans cet Etat: mon père
pendant plus de 59 ans a servi avec honneur le public en qualité
maître d'école de campagne. je suis né ici, j'y ai vécu jusqu'à l'âge de
21 ans. ma mère était genevoise. j'ai cru que les services de mon vertueux père
et ma naissance me classeroient dans la cathégorie de ceux que l'Etat
favorise, que je serois admis à l'habitation pour moitié finance. j'ai fait
des démarches, j'ai présenté requête au Magnifique Conseil, j'ai été renvoyé
par devant Monsieur l'ancien Syndic Sarrasin. j'ai été recommandé par
quelques anciens protecteurs de mon père. l'on me fait espérer que
je serai traité favorablement; mais cette acquisition quelque modérée
qu'elle soit me gêne beaucoup. j'ai osé penser à vous, pardonnez, Monsieur,
je vous en supplie à mon inouïe témérité, j'aurois besoin d'un secours
de 4 Louis. cet emprunt seroit assuré par une bonne caution: je rembourseroi
dans le courant de l'année. ce secours me rendrait heureux parce que
je me fixerois ici où je trouverois une occupation qui me feroit vivre
avec une épouse que je chéris et que mon état précaire ne m'a pas
permis de faire venir jusqu'à présent.
je hazarde cette démarche auprès de vous, Monsieur, elle m'étonne plus que
je ne puis le dire. qu'est-ce qui m'y autorise? ma seule confiance
informez-vous de moi, de mes moeurs, de mes infortunes auprès de
Madame Bounet de Thonex, de Messieurs les Pasteurs Sarrasin,/illisible...
/.../. si après les relations que vous aurez de ces personnes
vous me jugez digne du service important que j'ose vous
demander. je demeure maison Fleuret au 3e étage au
Bourg de Four.

C'est avec le plus profond respect que je demeure

Monsieur

Votre très humble et

très obéissant serviteur

Jérémie Witel

Genève 7e/novembre/1791



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Jean-Bernard ROUX
Collège de Saussure
Messages à: Jean-Bernard Roux