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Entre civisme et confusion démagogique

Pierre Bertrand dans Survol de l'histoire de Genève, Genève, Labor et Fides, s.d., pp.79-80 écrit:

<<Bien qu'il finît mal dans ses toutes dernières années avec la chute de la République, le XVIIe siècle fut un grand siècle pour Genève. Le commerce prend un essor remarquable; la banque s'établit sur une solide réputation; la société genevoise s'ouvre largement aux lettres, aux arts et surtout à la science, en produisant une pléiade de savants, chercheurs et philosophes. Le bien-être économique fait de l'artisan genevois --l'horloger en particulier-- un individu privilégié en regard du peuple d'autres villes. L'ombre au tableau, ce sont les fréquentes tensions, parfois de caractère révolutionnaire, entre les citoyens qui estiment que les droits du Conseil général et les libertés individuelles sont devenues illusoires et l'oligarchie gouvernementale qui a ramené sur elle tous les pouvoirs et assimile toute critique à un crime de lèse-majesté. Il ne se passera pas de génération sans qu'une fois ou l'autre n'éclate un mouvement populaire dont les fruits seront gâchés par des chefs trop confiants dans la parole de leurs adversaires, ou par l'intervention des alliés suisses ou de l'étranger, que l'oligarchie a appelés. Mais ces mouvements du peuple sont également la preuve de vitalité d'esprit; ils ont un caractère véritablement civique: ce n'est qu'à la fin, en y mêlant la passion révolutionnaire venue de l'étranger que tout dégénérera en confusion démagogique>>.



Jean-Bernard ROUX
Collège de Saussure
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