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Décrire le territoire genevois

La beauté du cadre naturel de Genève, devenue un sujet de célébrations, se trouve à l'origine de l'importante communauté scientifique qui s'y développe. Tel est du moins l'avis des contemporains. De cette communauté de chercheurs est issue la <<Société d'Histoire naturelle>>, qui se donne précisément comme tâche de décrire et d'inventorier les richesses naturelles du territoire genevois.

Vaucher, le premier en date de ses secrétaires, écrira un jour:

Le but premier de notre Société avait été la connaissance approfondie des productions que fournissait notre sol. Dans cette intention, on avait même divisé le territoire de notre ville en douze secteurs de 30 degrés, qui s'étendaient approximativement à une distance de douze à quinze lieues, et dont chacun était confié aux recherches d'un des membres de la Société.

Ce plan systématique, développé par Pictet, portait la marque des utopies grandioses de la Révolution française, mais il faisait peu de cas des contraintes de la recherche scientifique. Afin de mieux tenir compte des compétences de chacun, le territoire genevois sera finalement exploré du point de vue des différentes disciplines.

Toujours selon Vaucher, le bilan de trente années de recherches s'établira de la façon suivante: d'abord Horace-Bénédict de Saussure, et ensuite MM. Deluc, Jurine et Pictet, ont étudié nos Alpes sous les rapports géologiques. Horace-Bénédict de Saussure s'est encore occupé avec beaucoup de soin de la géologie et de la lithologie des environs de Genève; M. Jurine a rassemblé tous les insectes de nos collines et de nos Alpes, et a décrit, peu de temps avant sa mort, les espèces et les moeurs des différents poissons qui habitent notre lac. Le même savant et M. Louis Necker ont fait des collections de nos oiseaux indigènes. M. Guillaume-Antoine Deluc et M. son fils ont rassemblé les nombreuses pétrifications de nos montagnes; et nos habiles botanistes ont exploité le terroir de notre Canton...

Après avoir évoqué les importants travaux réalisés en météorologie, en hydrographie et en géographie, Vaucher conclut sur cette note optimiste:

(...) je crois pouvoir affirmer avec raison que, proportion gardée, il n'y a aucune ville dont les environs, à une assez grande distance, soient mieux connus que ceux de Genève sous les divers rapports de la Géologie, de l'Entomologie, de l'Ornithologie, de la Lithologie, de la Minéralogie, et en général de tout ce qui se rapporte à l'Histoire naturelle.

A vrai dire, les efforts de la Société de Physique ont également porté sur des sciences plus fondamentales comme la biologie, la médecine, la physique, la chimie, et même l'astronomie.



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Jean-Bernard ROUX
Collège de Saussure
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