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Amiante au DIP

La lettre du DIP - Février 2008/ N° 9

Février 2008/ N° 9

La lettre du  DIP

Quatre volets pour une démarche sur:

www.geneve.ch/amiante

LE CONSEIL D'ÉTAT A RENDU PUBLIC SON PLAN D'EXPERTISE ET D'ASSAINISSEMENT DES BÂTIMENTS PUBLICS.

DES DIRECTIVES SONT DONNÉES AUSSI BIEN AUX USAGERS QU'AUX ENTREPRISES POUR ÉVITER TOUTE EXPOSITION AUX FIBRES D'AMIANTE.

Le Conseil d'Etat a dévoilé, le mercredi 6 février 2008, comment il entend poursuivre sa politique de prévention des risques liés à l'amiante. La démarche du gouvernement se décompose en plusieurs volets.

1. Cartographie et assainissements

Parce qu'ils sont susceptibles de contenir de l'amiante, le Conseil d'Etat a décidé, le 17 décembre 2007, que tous les bâtiments scolaires et administratifs de l'Etat, construits avant 1991, allaient être expertisés et si nécessaire assainis. La liste de ces bâtiments dressée, la Cellule interdépartementale amiante a procédé à la définition des priorités. Ainsi, les locaux qui accueillent des enfants, des adolescents et des sportifs seront les premiers à être expertisés. Les établissements scolaires, du fait de leur grande diversité d'utilisation, sont en effet davantage sujets à des modifications et donc à des travaux. Compte tenu du nombre de bâtiments, les expertises s'achèveront en 2010. Les résultats seront publiés. Les travaux d'assainissement, au Cycle d'orientation du Foron en priorité, débuteront cet été.

2. Mesures d'accompagnement des travaux

Le Conseil d'Etat a annoncé, le mercredi 6 février 2008, qu'aucune intervention n'est désormais autorisée dans des bâtiments construits avant 1991 et sur des matériaux susceptibles de contenir de l'amiante - principalement les faux plafonds - sans qu'une expertise ponctuelle avant travaux ne soit réalisée. Le cas échéant, les travaux seront effectués selon les recommandations du Service cantonal de toxicologie industrielle et de protection contre les pollutions intérieures (STIPI). Les travaux à réaliser en urgence, car destinés à protéger les utilisateurs et à sauvegarder le bâtiment, sont aussi soumis à expertise.

En outre, le Conseil d'Etat adressera un courrier à toutes les entreprises avec lesquelles la Direction des bâtiments (DCTI) collabore afin de leur préciser les nouvelles directives et leur rappeler leurs obligations légales, notamment vis-à-vis de leurs propres collaborateurs.

3. Formation et information

Les collaboratrices et les collaborateurs de la Direction des bâtiments seront spécifiquement formés à la problématique de l'amiante. Deux démarches de formation sont entreprises simultanément: l'une concerne les architectes et les ingénieurs responsables des travaux d'entretien et de maintenance, l'autre les agents techniques et les concierges.

4. Le rôle des communes

Dans le canton de Genève, historiquement, les écoles primaires sont propriétés des communes. La Ville de Genève a déjà publié la liste de ses bâtiments scolaires contenant de l'amiante. Des pourparlers sont en cours avec l'Association des Communes genevoises pour que l'ensemble des communes prennent les mêmes dispositions. Comme employeur et responsable de la formation, le DIP veille à ce que ses collaborateurs et les élèves, utilisateurs des bâtiments communaux, bénéficient des mêmes protections que celles et ceux qui fréquentent les établissements propriété de l'Etat de Genève.

Faux-plafonds, attention!

Ce sont ces matériaux qui présentent potentiellement et essentiellement des risques en cas de travaux dans des bâtiments antérieurs à 1991. Il est désormais strictement interdit de les manipuler, de les démonter, de les déplacer, d'y suspendre ou punaiser quelque élément que ce soit. D'une manière générale, toute intervention sur ces matériaux est prohibée.

L'instruction générale aux usagers des bâtiments explique aussi comment se comporter en présence de carrelages, de cartons placés derrière les luminaires, de matériaux en fibrociment, de sols et dallettes vinyle.

Dans quels matériaux de construction trouve-t-on de l'amiante?

Des produits et matériaux amiantés peuvent avoir été utilisés dans tous les bâtiments et toutes les installations techniques construits avant 1991. En Suisse, les bâtiments floqués à l'amiante (revêtement de poutres métalliques et de murs pour la protection contre l'incendie, l'isolation sonore et thermique) sont répertoriés. En revanche, les bâtiments contenant de l'amiante sous d'autres formes que le flocage n'étaient pas recensés jusqu'ici.

Et l'amiante peut se cacher partout: revêtements coupe-feu (murs, portes), revêtements de sols et de murs, faux-plafonds, isolations de conduites, isolations de câbles, protections contre l'incendie, isolations thermiques, substances adhésives, produits d'étanchéité, pigments, fibrociment (revêtement de façades, toits, canaux d'aération, conduites, évacuation des eaux, bacs à fleurs, tables et chaises de jardins, tables de ping-pong), garnitures de freins et d'embrayages, joints d'étanchéité, joints anti-feu (dans les poêles à mazout ou en faïence, chaudières et brûleurs à mazout de chauffages centraux), etc.

Au total, quelque 3500 produits contenant de l'amiante ont été identifiés à l'heure actuelle. Son utilisation était due à son faible coût et à ses excellentes propriétés physiques, chimiques et mécaniques. Depuis 1990 seulement, la fabrication et l'importation de produits et de matériaux amiantés sont interdites en Suisse.

 

Edito

Une problématique exceptionnelle

D’un côté deux cas d'atteinte à la santé liés à l'amiante, qui ne peuvent pas être expliqués autrement que par les années passées par ces professionnels dans un cycle construit, comme tant d’autres, avec certains matériaux amiantés. De l’autre, des mesures qui indiquent que ni les élèves, ni les employés, selon les normes, ne sont aujourd'hui en danger. Telle est l’équation – inédite – à résoudre qui nous a été posée au CO du Foron, cet automne.

Cet événement pose un regard nouveau sur les expositions passives à l'amiante puisqu'il était admis, jusqu'ici, que de telles expositions ne pouvaient pas être à l'origine d'une pathologie liée à l'amiante.

La probabilité d'atteindre, lors de telles expositions, une dose dangereuse était jugée nulle. Etait...

La stupeur passée, mais pas la tristesse, le Conseil d'Etat a décidé de tout entreprendre pour connaître la cause de ces pathologies.

Parallèlement, grâce à la direction générale du Cycle d'orientation, à l'ensemble des collaboratrices et collaborateurs du Foron et à plusieurs services de l'Etat, il a été possible d'informer le plus sereinement possible les parents de nos élèves au Foron, puis l'ensemble de la population genevoise.

Rapidement aussi, il a été décidé de proposer un suivi médical à des collaborateurs actuels et des retraités du Foron, ainsi qu'à certains employés qui l'ont quitté pour un autre établissement.

Très vite, ensuite, le Conseil d'Etat est arrivé à la conclusion que nous nous dirigions vers un assainissement programmé de très nombreux bâtiments.

La problématique de l'amiante survenue au Foron, parce qu'exceptionnelle, interpelle notre savoir, elle impose un «savoir-être» un nouveau «savoir-faire» et presque un savoir «prédictif».


Le 6 février, le site www.geneve.ch/amiante s'est enrichi des documents suivants:

  • La démarche retenue face à la problématique de l'amiante dans les bâtiments propriété de l'Etat.
  • La liste des bâtiments propriété de l'Etat de Genève susceptibles de contenir de l'amiante. Cette liste comporte une "priorisation" des expertises à effectuer.
  • Une note d'Instructions générales aux usagers
  • Une note d'Instructions aux entreprises chargées de travaux.
  • Le planning "intentionnel" de mise en œuvre des expertises
  • Le cahier des charges à l'attention du donneur d'ordre et de l'expert en diagnostic amiante.

Rédaction :
May Piaget, Serge Baehler

e-mail : dip@etat.ge.ch

Site du DIP : www.ge.ch/dip/

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